Un impact environnemental très important
En 2025, près des trois quarts des Français âgés de plus de 15 ans ont effectué au moins un achat en ligne. Cela représente 3,2 milliards de transactions dans l’année, soit plus d’un 1 milliard de colis à livrer.
L’ennui, car il y en a un, c’est que ce sont là autant de cartons d’emballage et autant de véhicules de livraison. Donc autant de sources de pollution. D’après l’Ademe (Agence de la transition écologique), l’impact carbone total de ces activités est estimé à environ comme 1 million de tonnes de CO₂ par an. Pour en donner une idée plus précise, c’est l’équivalent d’environ 1 million d’allers-retours transatlantiques par avion entre Paris et New York.
Décarboner « le dernier kilomètre »
Or, dans cet océan de pollution, il y a une toute petite portion, dans la chaîne d’approvisionnement, qui concentre à elle seule jusqu’à 50 % de l’empreinte carbone. On parle, ici, de ce que l’on appelle « le dernier kilomètre », c’est-à-dire la phase de la livraison qui s’achève par la remise du colis à son destinataire final.
C’est considérable mais, heureusement, pas inéluctable. Il est en effet possible de décarboner cette phase du dernier kilomètre en adoptant les vertus d’une livraison écologique. Il s’agit alors de minimiser les émissions de gaz à effet de serre, et cela passe par quelques bonnes pratiques à avoir en tête… et à adopter.
Pour aller plus loin, découvrez dans notre article des gestes simples pour réduire son empreinte carbone.
Des alternatives à adopter pour une livraison plus écologique
La règle numéro 1 incombe aux vendeurs, en utilisant des véhicules propres pour les livraisons, vélos-cargos, voitures ou camions électriques, ou roulant au biogaz.
La règle numéro 2 consiste à organiser ces livraisons avec soin. Trop souvent, les transporteurs voyagent partiellement à vide : c’est le cas de 20 % des trajets routiers de marchandises, pour un taux de remplissage moyen qui ne dépasse pas 65 %. Moralité : quand, aujourd’hui, trois véhicules roulent, deux suffiraient si les chargements étaient optimisés.
C’est dommage, et l’empreinte carbone de la livraison est encore aggravée par un autre facteur du même acabit : cette manie du suremballage, qui fait que les colis sont, en moyenne, 44 % trop grands, selon certaines études. Conséquence : les véhicules, déjà peu chargés, transportent en plus… du vide.
En finir avec les échecs de livraison
La numéro 3 est d’optimiser les itinéraires de livraison, pour gagner en efficacité. L’utilisation de l’IA est, ici, d’une grande aide pour faire la chasse aux kilomètres superflus : le livreur est guidé sur le trajet le plus court.
Mais encore faut-il, et c’est la règle numéro 4, éviter les échecs de livraison, liés à l’absence du destinataire ou à une adresse erronée. Ces derniers, encore trop fréquents (jusqu’à 15 % d’échecs en livraison à domicile), nécessitent d’organiser de nouvelles tournées. Donc génèrent de nouvelles pollutions. Il convient ainsi de veiller à bien choisir ses options de livraison et de s’assurer d’être disponible, le jour J.
Le plus efficace est encore d’opter pour une livraison en point relais
Le plus sûr est d’opter pour une livraison en point relais. C’est la règle numéro 5, sans doute la plus vertueuse de toutes, car elle a un double avantage. Celui de concentrer plusieurs livraisons en un seul lieu, donc de réduire les trajets pour les livreurs. Et celui d’éviter les échecs de livraison, donc les reprogrammations ultérieures. Le colis est forcément livré et il attendra que vous veniez le récupérer.
Règle numéro 6 : ce point relais, il faut le choisir près de chez soi et, en tout cas, situé sur un trajet habituel. Sinon, s’il faut prendre sa voiture et faire un détour, alors l’on perdra rapidement le bénéfice environnemental.
Des limites liées à nos (mauvaises) habitudes de consommation
La règle numéro 7 demande à ne pas être pressé. Plus une livraison est rapide, plus elle est polluante. Choisir une option express augmente en effet les émissions de 10 % environ car, pour aller vite, le vendeur cherche moins à optimiser les tournées de livraison, et encore moins à remplir au maximum les véhicules.
Règle numéro 8 : il faut regrouper ses commandes pour ne recevoir, si le vendeur effectue bien son travail, qu’un seul colis plutôt que plusieurs. Le gain environnemental est immédiat.
Enfin, règle numéro 9, il faut limiter les retours, qui concernent en moyenne 10 % des commandes, et jusqu’à 30 % dans la mode. Si ce n’est pas à votre taille ou pas à votre goût alors oui, bien sûr, retournez les articles. Mais, en revanche, au moment de l’achat, quand on hésite entre deux tailles ou deux couleurs, il est tentant de commander les deux, tout en sachant qu’on retournera l’un ou l’autre. Il s’agit ici d’un facteur de pollution supplémentaire.
Découvrez aussi notre article No buy challenge : comment réduire ses achats superflus ?
Entre le clic et le colis, il y a toute une chaîne de décisions. Certaines aggravent le problème. D’autres, au contraire, l’allègent. La bonne nouvelle est que nous avons tous, collectivement, le pouvoir de prendre les bonnes.
Questions de nos lecteurs
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Contrairement à une idée reçue, la livraison à domicile ou en point relais peut présenter un coût écologique inférieur à celui d’un achat en magasin. Selon l’Ademe, l’impact par kilomètre parcouru est alors en effet entre trois à cinq fois plus faible, notamment parce qu’un véhicule de livraison transporte jusqu’à dix fois plus de marchandises qu’une voiture particulière. La seule manière pour que l’achat en magasin « l’emporte », c’est quand le consommateur s’y rend à pied ou à vélo.
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La livraison à domicile oblige le client à être présent sur un créneau horaire parfois large et contraignant. En cas d’absence, le colis repart et il faut convenir d’une nouvelle programmation de livraison, ce qui engendre une pollution supplémentaire, et rallonge les délais.
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La distribution du dernier kilomètre désigne la dernière étape du processus de livraison : le transport d’un colis depuis un centre de tri ou un entrepôt jusqu’au client final. C’est la phase la plus coûteuse, la plus complexe et la plus polluante, du fait des contraintes de circulation, de délais et d’accessibilité.
Livraison écologique : comment réduire l’impact du dernier kilomètre ?
17 mars 2026 - Tom Leray - Temps de lecture : 3 min