Florian Fiquet, l’éco-aventurier qui montre la beauté fragile du vivant
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21 juin 2026
- Chaynèze Mahha - Temps de lecture : 2 min

À travers ses treks, Florian Fiquet défend une écologie sensible, loin des injonctions et des discours culpabilisants. Une manière de raconter autrement notre lien au vivant et à la nature.
Une envie ? Un besoin ? Qu’importe…
Florian Fiquet, en 2022-2023, a décidé de changer de vie. Et quoi de mieux, alors, que de marcher pour réfléchir à quoi faire désormais, et comment ? Il quitte une vie stable, avec un CDI en Suisse et un quotidien plutôt confortable dans le secteur humanitaire, mais dans lequel il ne se reconnaît plus vraiment.
Il a du temps pour lui et une idée commence à germer dans son esprit : aller faire l’HexaTrek. Le principe ? Un parcours de 3 034 kilomètres reliant 14 des plus beaux parcs naturels français et traversant le pays des Vosges jusqu’aux Pyrénées. En tout, près de 140 000 mètres de dénivelés positifs. Florian Fiquet se lance, courant 2023, et en vient à bout au terme de 137 jours tous plus exaltants les uns que les autres. « Je n’avais jamais entrepris de voyage aussi long, jamais bivouaqué seul, mais dès que j’ai eu connaissance de l’existence de l’HexaTrek, c’est rapidement devenu une obsession. Il fallait que je le fasse », raconte-t-il.
Montrer le beau pour inciter à le protéger
Mais pas question d’être une démarche solitaire et égocentrée. Ce projet n’avait de sens que s’il était partagé. Florian Fiquet est ainsi devenu éco-aventurier avec, en tête, l’idée de faire passer des messages autour des enjeux écologiques. « Je veux montrer le beau, sans rien cacher de ses fragilités. Ma démarche n’est pas d’insister sur un monde en danger. Elle est de le montrer, tel qu’il est, et de laisser les gens en conclure que le préserver est important », glisse-t-il.
En somme, il s’agit de mettre l’écologie au cœur de tout, mais sans vraiment en parler directement. Après l’HexaTrek, toutes les planètes se sont alignées pour Florian Fiquet, qui a pu poursuivre dans cette nouvelle voie. Il a, depuis, arpenté les glaciers des Pyrénées et documenté un « tour du monde en France » pour vanter les vertus d’un voyage plus local. Il s’attaque, maintenant, à des treks à travers les différents parcs nationaux du pays. Chaque étape devient l’occasion d’évoquer le rôle de ces espaces protégés, d’insister sur les conséquences que peut avoir la surfréquentation touristique et de donner tous les bons conseils pratiques à quiconque voudrait y randonner en totale harmonie avec la nature.
Lire, écouter, se documenter pour se forger ses propres convictions
Aujourd’hui âgé de 32 ans, Florian Fiquet est suivi par des dizaines de milliers de personnes sur les réseaux sociaux. Il avance avec la tranquillité de ceux qui savent qu’ils sont là où ils doivent être. Caméra au poing et sac sur le dos, il s’attache à mettre en lumière une autre manière de voyager, plus lente, plus sobre, plus attentive à ce qui nous entoure.
Cet état d’esprit lui vient de loin. Il a grandi à la campagne, dans la ferme familiale, au nord de Montpellier, au pied des Cévennes. Une enfance qu’il décrit comme simple et heureuse, avec des parents qui, du fait de leur activité, partaient peu, voire pas en vacances. Ce quotidien a insufflé en lui ce besoin, quasi instinctif, de toujours chercher à se reconnecter avec la nature.
Sa conscience écologique, elle, arrive plus tard. Durant cette période de transition, entre 2022 et 2023, il se met à lire énormément, à écouter des podcasts, à suivre les travaux de scientifiques et de vulgarisateurs. Des figures comme les glaciologues Heidi Sevestre et Pierre René ou encore la militante écologiste Camille Etienne participent à nourrir sa réflexion.
Découvrez également l’interview d’Anne-Sophie Deville sur la vulgarisation scientifique.
Tout sauf donneur de leçon
L’engagement devient une nécessité. Mais s’il refuse une chose, c’est bien d’endosser le rôle de donneur de leçon. « Je ne suis pas scientifique, je n’ai pas cette formation, je ne me prends pas pour ce que je ne suis pas. Je me mets simplement en action et j’essaie d’inspirer les gens », commente-t-il.
Plutôt que d’entrer frontalement dans le débat politique, Florian Fiquet préfère partir du « sensible ». Montrer les paysages, la beauté d’un glacier, l’immensité d’un massif ou la fragilité d’un littoral, c’est déjà, selon lui, une manière de parler d’écologie. Car montrer ce qui émerveille revient aussi à montrer ce qui peut disparaître.