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Les projets agrivoltaïques en France : concilier agriculture et production solaire

24 avril 2026 - Tom Leray - Temps de lecture : 4 min

plenitude, énergie, électricité, solaire, projets agrivoltaiques en France

Les projets agrivoltaïques se développent de manière rapide en France. Objectif ? Associer durablement production agricole et énergie solaire sur les mêmes parcelles.

  • Les éléments clés à retenir :

    • L’agrivoltaïsme vise à concilier production agricole et énergie solaire.
    • Les projets agrivoltaïques sont régis par un cadre juridique strict.
    • Objectif : renforcer la résilience des exploitations et la production d’électricité renouvelable.

Qu’est-ce qu’un projet agrivoltaïque ?

L’agrivoltaïsme désigne une installation de production d’électricité solaire étagée implantée sur une parcelle agricole.

Quelle différence entre agrivoltaïsme et photovoltaïque au sol ?

Un projet agrivoltaïque ou agri-PV associe panneaux photovoltaïques et activité agricole (culture ou élevage). La production agricole doit ici rester l’activité principale de l’exploitation. Les centrales solaires au sol, quant à elles, peuvent être implantées sans coactivité sur des terres agricoles réputées incultes ou inexploitées depuis plus de dix ans, ou sur des terrains déjà artificialisés.

Quels objectifs agricoles et énergétiques poursuit-il ?

Sur le plan énergétique, l’agrivoltaïsme vise à contribuer aux objectifs de déploiement des énergies renouvelables fixés par la France. Le but est d’augmenter la puissance photovoltaïque installée sans artificialiser de nouveaux sols ni concurrencer l’usage alimentaire. Les projets agrivoltaïques permettent ainsi de développer des centrales solaires agricoles en cohérence avec les stratégies nationales de transition énergétique et le Plan climat-air-énergie territorial (PCAET).

Quels types de projets agrivoltaïques existe-t-il en France ?

Les projets agrivoltaïques en France se déclinent en plusieurs configurations selon les filières agricoles, les systèmes de culture ou d’élevage et les contraintes locales. Les technologies et modèles économiques sont en perpétuelle évolution.

Cultures sous panneaux solaires : quelles applications ?

Les projets de culture sous panneaux solaires concernent des champs agricoles dédiés à des cultures étendues. Les panneaux sont installés en hauteur, parfois sur des structures mobiles. L’objectif est de créer un microclimat protecteur, tout en laissant passer une partie de la lumière. Ces systèmes sont qualifiés d’agrivoltaïsme dynamique lorsque l’orientation des modules est pilotée en fonction des besoins agronomiques.

En viticulture et en arboriculture, des acteurs comme Sun’Agri développent depuis plusieurs années des structures d’ombrage pilotées. Elles visent à limiter les effets des canicules, du rayonnement excessif et du stress hydrique.

Pour aller plus loin, découvrez notre article sur l’aridoculture : comment cultiver en milieu aride ?

Agrivoltaïsme et élevage : ovin, bovin, volaille

Dans les systèmes d’élevage, l’agrivoltaïsme se développe principalement avec l’élevage ovin, bovin ou de volailles sous ou autour des structures photovoltaïques. Les panneaux sont implantés de manière à laisser un accès au fourrage et à l’eau, tout en créant des zones d’ombre ou d’abri contre les intempéries. Ce modèle répond aux objectifs de bien-être animal.

Les projets d’agrivoltaïsme en élevage peuvent prendre la forme de grandes ombrières sur pâturage, de serres photovoltaïques adaptées à l’élevage de volailles ou de parcours extérieurs partiellement couverts par des panneaux.

Quel cadre réglementaire pour l’agrivoltaïsme en France ?

Depuis 2023, l’agrivoltaïsme bénéficie d’un cadre juridique spécifique. Cette réglementation vise à sécuriser l’avenir agricole des exploitations, tout en accélérant le développement des installations photovoltaïques sur terres agricoles, naturelles ou forestières.

Que prévoit la loi APER pour les projets agrivoltaïques ?

La loi n° 2023-175 du 10 mars 2023 relative à l’accélération de la production d’énergies renouvelables, dite loi APER, introduit dans le Code de l’énergie une définition légale de l’installation agrivoltaïque. Elle fixe les principes d’encadrement de ces projets. L’article L.314-36 précise qu’une installation agrivoltaïque est un dispositif de production d’électricité utilisant l’énergie radiative du soleil, dont les modules sont situés sur une parcelle agricole et contribuent au maintien, au développement ou à l’amélioration durables de la production agricole.

Des décrets et arrêtés viennent préciser les conditions d’implantation sur terres agricoles, les modalités de suivi et de contrôle, ainsi que les sanctions en cas de manquement. Le décret n° 2024-318 du 8 avril 2024 et l’arrêté du 5 juillet 2024 détaillent ainsi les critères d’éligibilité, le rôle des documents-cadres départementaux et les procédures d’instruction des projets agrivoltaïques et des centrales solaires au sol.

Quel rôle des institutions et organismes publics (ADEME, INRAE) ?

L’INRAE (Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement) étudie depuis plusieurs années l’agrivoltaïsme comme une voie possible pour concilier agriculture et production d’énergie. À cet effet, il analyse les effets agronomiques, économiques, sociaux et environnementaux des systèmes agro photovoltaïques. Ses travaux permettent d’établir une définition scientifique de l’agrivoltaïsme et de documenter les impacts sur les cultures (stress hydrique, microclimat, rendement, qualité) ou les systèmes d’élevage.​

De son côté, l’ADEME (Agence de la transition écologique) s’est vue confier par la loi APER une mission de collecte et de suivi des données relatives aux installations agrivoltaïques via un Observatoire de l’agrivoltaïsme. Cet observatoire a pour objectif de centraliser les informations sur les projets, d’éclairer les pouvoirs publics et les acteurs de terrain et d’accompagner l’élaboration de guides et de bonnes pratiques.

  • À noter : l’ADEME finance aussi des projets de démonstration

    C’est le cas de VitiSolar, un site pilote d’agrivoltaïsme destiné à mesurer de façon concrète les effets des panneaux solaires sur la vigne et les rendements.

Quelles conditions pour qu’un projet soit reconnu agrivoltaïque en France ?

Le cadre légal français impose qu’une installation agrivoltaïque rende au moins un service direct à la parcelle agricole parmi les quatre suivants :

  • amélioration du potentiel ou de l’impact agronomique,
  • adaptation au changement climatique,
  • protection contre les aléas,
  • amélioration du bien-être animal.

Quels bénéfices pour l’agriculture et la transition énergétique en France ?

Les projets agrivoltaïques représentent un levier pour renforcer la résilience des exploitations agricoles, tout en augmentant la production d’électricité renouvelable en France. Ils s’inscrivent dans les objectifs nationaux de neutralité carbone.

Quels avantages économiques pour les exploitants agricoles ?

Sur le plan économique, l’énergie produite sert à couvrir les besoins de l’exploitant. En cas de revente, elle constitue une source de revenus complémentaires. Cette dernière contribue à son tour à renforcer la stabilité financière de l’exploitation.

Quel apport à la production d’électricité renouvelable ?

Les installations agrivoltaïques participent à l’atteinte des objectifs français de développement du solaire, en complément des centrales solaires au sol implantées sur friches, parkings ou terrains dégradés.

En termes de puissance, les projets agrivoltaïques vont de plusieurs centaines de kilowatts-crête à plusieurs dizaines de mégawatts-crête par site, selon la taille de la parcelle et la configuration retenue.

Quels sont les points de vigilance et limites des projets agrivoltaïques ?

Le déploiement de l’agrivoltaïsme suppose de concilier enjeux agricoles, énergétiques, environnementaux et territoriaux. Le cadre réglementaire français cherche à prévenir les dérives. Les projets doivent apporter un réel service à l’agriculture et s’insérer dans les paysages ruraux.

Quels impacts potentiels sur les rendements agricoles ?

Dans certains contextes, l’ombre partielle créée par les panneaux photovoltaïques réduit le stress hydrique, modère les températures extrêmes et préserve, voire augmente les rendements. À l’inverse, une configuration inadaptée (taux de couverture trop élevé, hauteur insuffisante, difficultés d’accès…) est susceptible d’entraîner une baisse de rendement, une hétérogénéité des parcelles ou des contraintes supplémentaires pour les agriculteurs.

Quels enjeux d’acceptabilité locale et paysagère ?

L’acceptabilité locale des projets agrivoltaïques dépend notamment de la concertation en amont au niveau communal, de l’intégration paysagère et du partage de la valeur créée sur le territoire.

Les installations doivent respecter les servitudes et règles d’urbanisme applicables aux terrains agricoles, naturels ou forestiers, et veiller à limiter les impacts visuels ou environnementaux (biodiversité, continuité écologique, sols). Dans ce contexte, les retours d’expérience et les guides élaborés par les institutions publiques et les organismes professionnels jouent un rôle important dans la structuration des projets d’agrivoltaïsme.

En France, l’agrivoltaïsme se structure aujourd’hui autour d’un cadre juridique strict, porté par la loi APER et ses textes d’application. Soutenus par l’expertise de l’INRAE et de l’ADEME, les projets agrivoltaïques offrent des perspectives intéressantes pour la transition énergétique et la résilience des exploitations, à condition d’être conçus en priorité au service des systèmes agricoles.

Questions de nos lecteurs

En droit français, une installation agrivoltaïque désigne un système photovoltaïque étagé implanté sur une parcelle agricole. L’objectif est de contribuer au maintien, au développement ou à l’amélioration durables de la production agricole.

La loi APER confie à l’ADEME la mission d’animer l’Observatoire de l’agrivoltaïsme en vue de collecter et de suivre les données sur les installations agrivoltaïques en France. L’agence soutient également des études et démonstrateurs (par exemple en viticulture) pour évaluer les impacts de l’agrivoltaïsme et produire des recommandations techniques.

Elle dépend de nombreux paramètres, comme la puissance installée, les coûts d’investissement ou les modalités de valorisation de l’électricité produite (autoconsommation ou revente). Il est recommandé aux exploitants d’étudier avec précision le modèle économique en amont, en tenant compte de la durabilité de la production agricole et des engagements contractuels à long terme.

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