Biogaz en France : de la méthanisation au réseau, ce qu'il faut savoir
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20 juillet 2026
- Tom Leray - Temps de lecture : 4 min

Le biogaz s'impose comme un pilier de la souveraineté énergétique française. Issu d’un procédé consistant à transformer des déchets organiques en une ressource renouvelable, il contribue à décarboner notre consommation de gaz.
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Les éléments clés à retenir
Le biogaz transforme des déchets organiques en énergie renouvelable décarbonée.
1 900+ installations en France fin 2025 (électricité + gaz naturel).
4 régions françaises concentrent l’essentiel des unités et des capacités.
Qu'est-ce que le biogaz et comment est-il produit ?
Le biogaz est une énergie renouvelable obtenue par la dégradation de matières organiques en l'absence d'oxygène. Ce procédé biologique naturel valorise les déchets souvent considérés comme inutilisables.
Quel est le principe de la méthanisation ?
La méthanisation est un processus de dégradation anaérobie (sans air) de la matière organique par des micro-organismes. Au sein d’un digesteur (ou méthaniseur), ces bactéries décomposent la matière pour libérer du biogaz, composé principalement de méthane et de dioxyde de carbone. Le résidu issu de cette transformation, appelé digestat, est fréquemment utilisé comme fertilisant naturel sur les sols agricoles. Il entre ainsi dans une logique d’économie circulaire.
Quelle est la différence entre biogaz et biométhane ?
Le biogaz brut, tel qu'il sort du méthaniseur, contient des impuretés. Il nécessite par conséquent une étape de raffinage appelée épuration pour atteindre une qualité similaire au gaz naturel. Une fois épuré, ce gaz devient du biométhane.
Quelles matières premières sont utilisées pour produire du biogaz ?
Une grande variété de matières organiques sont valorisables. Regroupées sous le terme « biomasse fermentescible », elles incluent :
- les effluents d’élevage (fumiers, lisiers),
- les résidus agricoles et certaines cultures énergétiques,
- les déchets organiques issus de la grande distribution,
- les déchets issus de l’industrie agroalimentaire (fruits, légumes, produits laitiers, graisses...),
- les déchets verts (tonte, entretien),
- les biodéchets ménagers et de restauration,
- les boues issues du traitement des eaux usées (stations d’épuration).
Où en est la France dans la production de biogaz ?
Portée par des ambitions fortes visant à accroître la part du gaz vert dans le mix énergétique national et à réduire la dépendance aux énergies fossiles, la France connaît une accélération de la filière biogaz.
Pour en savoir plus, découvrez notre article sur la différence entre énergies renouvelables et fossiles.
Combien d'installations de biogaz la France compte-t-elle ?
Au 31 décembre 2025, la France compte 1 112 installations de production d’électricité à partir de biogaz (+2 % par rapport à fin 2024), pour une puissance installée totale de 582 MW (mégawatts). À la même date, 803 installations injectent du biométhane dans les réseaux de gaz naturel, avec une capacité installée de 15,5 TWh (térawattheures) PCS*/an (+8 % par rapport à fin 2024).
* Le PCS (pouvoir calorifique supérieur) mesure la quantité de chaleur dégagée par la combustion d’une unité de gaz en tenant compte de la chaleur dégagée lorsque la vapeur d’eau produite se condense. Autrement dit, contrairement au PCI (pouvoir calorifique inférieur), il inclut toute l’énergie disponible. Le PCS permet alors de comparer directement la valeur énergétique du gaz injecté dans le réseau avec celle du gaz naturel conventionnel.
Pour aller plus loin, consultez aussi nos actualités : Partenariat sur l’approvisionnement de biométhane en France.
Le potentiel théorique de ressources primaires pour la méthanisation (effluents d’élevage, biodéchets, résidus d’algues, etc.) est évalué à 140 TWh PCS d’énergie primaire en biogaz, soit une marge de développement significative à l’échelle du territoire.
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À noter : objectif, tripler la production en moins de cinq ans
Publiée en février 2026, la 3e Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) fixe un objectif de 44 TWh de biométhane injectés dans les réseaux gaziers d’ici 2030, contre environ 16 TWh à date.
À quoi sert concrètement le biogaz une fois produit ?
Le biogaz est une énergie polyvalente. Il peut être valorisé de plusieurs façons. Épuré, il possède des propriétés thermodynamiques équivalentes à celles du gaz naturel. Il peut alors être injecté dans les réseaux gaziers ou conditionné comme carburant pour les véhicules à gaz (BioGNV). Lorsqu’il est injecté dans le réseau, le biométhane remplace le gaz naturel fossile pour le chauffage, la cuisson ou la production d’eau chaude dans les logements et les bâtiments. Le biogaz peut aussi être directement utilisé comme combustible dans des chaudières ou des brûleurs pour chauffer des serres, des bâtiments agricoles ou des installations industrielles.
Pour aller plus loin, découvrez aussi comment fonctionnent les certificats de production biogaz pour les professionnels.
Le biogaz est fréquemment valorisé dans des unités de cogénération (production simultanée d’électricité et de chaleur. Ce procédé optimise le rendement énergétique (15 à 20 % d’énergie primaire économisée) et permet une décarbonation ciblée de secteurs comme l’industrie ou le transport de marchandises à longue distance (navires), dont les besoins de chaleur à haute température sont difficilement substituables par d’autres énergies.
Où se trouvent les principales centrales de biogaz en France ?
La géographie de la méthanisation en France est étroitement liée à la densité des activités agricoles et agroalimentaires, principales pourvoyeuses de matières organiques.
Quelles régions concentrent le plus d'installations ?
Les régions à forte vocation agricole possèdent la plus forte concentration d'unités de méthanisation en France. Le Grand Est, les Hauts-de-France, la Nouvelle-Aquitaine et la Normandie regroupent, à elles seules, 55 % des capacités installées et 56 % des injections au premier trimestre 2025. Ces zones bénéficient d'un accès facilité aux gisements de matières premières. La logistique de transport est ainsi optimisée et le développement d'écosystèmes locaux durables, favorisé.
Quels sont les sites emblématiques à connaître ?
Certains projets illustrent le passage à une méthanisation à échelle industrielle. C’est le cas de la centrale du Vermandois. Située à Eppeville dans la Somme, en région Hauts-de-France, c’est l’une des plus importantes unités d’injection de biométhane sur notre territoire. Mise en service en décembre 2016 après plusieurs années de développement, elle est portée par ENGIE Bioz, à la fois développeur et exploitant du site. Implantée au cœur d’un territoire combinant activités agricoles et industries agroalimentaires, la centrale repose sur un modèle collectif valorisant des matières organiques locales. Cette logique permet de limiter les transports tout en ancrant la production d’énergie dans une dynamique d’économie circulaire.
Le site a connu une montée en puissance en 2022, avec une capacité portée de 230 à 350 Nm³ (normo mètres cubes)/h. Aujourd’hui, il couvre 28 % de la consommation de gaz de la zone de distribution autour de l’agglomération de Ham.
Quels sont les atouts et les limites du biogaz comme énergie renouvelable ?
Bien qu'il soit confronté à des enjeux économiques et techniques pour assurer son déploiement à grande échelle, le biogaz est une solution prometteuse pour la transition énergétique.
Pourquoi le biogaz est-il une énergie d'intérêt pour la transition énergétique ?
Le biogaz est une source d'énergie pilotable et renouvelable, capable d'émettre jusqu'à 10 fois moins de CO2 (dioxyde de carbone) par rapport au gaz naturel fossile. En valorisant les déchets, la filière contribue activement à la décarbonation du mix énergétique français et renforce l'autonomie énergétique des régions grâce à une production locale.
Quels freins ralentissent encore le développement de la filière ?
Le développement du biogaz est principalement limité par les coûts d'investissement initiaux des installations et les dépenses d'entretien. Il nécessite par conséquent des mécanismes de soutien public pour rester compétitif face au gaz naturel. L’acceptabilité sociale reste un autre point de vigilance. Certaines installations peuvent en effet susciter des préoccupations en termes de nuisances olfactives ou de trafic routier.
Quel est l’impact environnemental réel du biogaz ?
Le bilan environnemental du biogaz est globalement positif en raison de la réduction des émissions de gaz à effet de serre permise par la substitution aux énergies fossiles. Une maîtrise rigoureuse du procédé reste tout de même nécessaire pour prévenir tout risque de pollution des sols ou des eaux lors de l'épandage du digestat, d’une part, et pour garantir l'étanchéité des méthaniseurs, d’autre part.
Alliant gestion durable des déchets et production d'une énergie bas-carbone, le biogaz s'impose aujourd’hui comme une composante incontournable du paysage énergétique français. Grâce au renforcement continu des politiques publiques, cette filière est appelée à jouer un rôle croissant dans notre décarbonation.
Questions de nos lecteurs
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Une fois transformé en biométhane, le biogaz est utilisé pour le chauffage, la production d'électricité, la chaleur industrielle, ou comme carburant pour les véhicules (BioGNV).
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En 2024, 33 % du biogaz consommé est utilisé en cogénération (production conjointe d’électricité et de chaleur), tandis que 16 % est directement consommé dans l’industrie et les services. La production d’électricité seule à partir de biogaz, autrefois majoritaire, ne représente plus que 8 % des usages.