Quel est le mode de chauffage le plus écologique ?
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27 janvier 2026
- Chaynèze Mahha - Temps de lecture : 3 min
Chauffer sans (trop) polluer, c’est possible. Découvrez les chauffages les plus écologiques, mais aussi la tendance du slow heating et les petits gestes pour allier économies et confort.
Comment se chauffer sans trop polluer ?
Quel est le mode de chauffage le plus écolo ? En hiver, se chauffer sans polluer est devenu un enjeu climatique, économique et social. Car même utilisé quelques semaines par an, notre radiateur pèse lourd sur notre facture énergétique et sur notre bilan carbone. Selon l’agence de la transition écologique (Ademe), il représente 60 à 75 % de la consommation d’énergie d’un ménage et près de 1,5 tonne de CO₂ par personne et par an, soit environ 20 % des émissions annuelles.
Les critères pour déterminer un chauffage vraiment écologique
Un chauffage écologique, ce n’est pas seulement une question d’énergie consommée. Pour y voir clair, plusieurs critères entrent en jeu :
- les émissions de gaz à effet de serre, sur l’ensemble du cycle de vie (fabrication, usage, fin de vie) ;
- le rendement énergétique, c’est-à-dire la quantité de chaleur produite pour une unité d’énergie consommée ;
- l’origine de l’énergie : renouvelable ou fossile ;
- l’adéquation au logement (surface, isolation, collectif ou individuel).
Pour aller plus loin, découvrez aussi l’article: Chauffage basse consommation : comment chauffer son logement à moindre coût ?
Évidence souvent oubliée : le chauffage le plus écologique est celui qu’on n’allume pas. Une réalité peu spectaculaire, mais redoutablement efficace. Même les systèmes les plus vertueux ne compensent pas une mauvaise isolation de votre logement. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) classe d’ailleurs la rénovation thermique parmi les gestes individuels les plus efficaces pour réduire les émissions.
Notez qu’une baisse de la température de 1 °C réduit de 7 % votre consommation énergétique. La température recommandée est de 19 à 21 °C dans les pièces de vie et 17 °C dans les chambres.
Pour en savoir plus, consultez le guide : Comment régler un thermostat de chauffage ?
Les systèmes de chauffage écologique les plus efficaces pour l’hiver
Le chauffage solaire : le plus vertueux
Sur le papier, le chauffage solaire coche toutes les cases : à l’usage, il n’émet aucun gaz à effet de serre. Contrairement aux idées reçues, il est viable partout en France, même si son rendement varie selon l’ensoleillement.
Reste une limite de taille : il ne couvre que 40 à 60 % des besoins annuels d’un foyer. Il doit donc être combiné à un autre système. Son installation est surtout pertinente en construction neuve ou en rénovation lourde.
La pompe à chaleur : la solution qui monte
La pompe à chaleur (PAC) capte les calories présentes dans l’air, le sol ou l’eau pour les restituer dans le logement. Selon l’Ademe, elle produit en moyenne quatre fois plus de chaleur que l’électricité qu’elle consomme.
La pompe à chaleur est généralement classée parmi les solutions renouvelables, même si elle reste dépendante de l’électricité. Un point à relativiser en France, où le mix électrique est décarboné à 96 %.
Le chauffage au bois : sous conditions strictes
Économique et potentiellement écologique, le chauffage au bois n’est vertueux que si l’on abandonne les cheminées ouvertes et les appareils anciens.
Les poêles et chaudières modernes affichent de bons rendements et émettent beaucoup moins de particules fines. Les granulés, issus à 96 % de déchets de scierie, ont un pouvoir calorifique supérieur d’environ 25 % aux bûches.
Le chauffage électrique : avec modération
Faciles à installer, les chauffages électriques restent très utilisés. En France, leur impact carbone est limité grâce à un mix électrique faiblement émetteur.
À éviter : convecteurs et panneaux rayonnants. À privilégier : radiateurs à inertie, qui stockent et diffusent la chaleur plus longtemps.
Les réseaux de chaleur : l’alternative collective
Les réseaux de chaleur urbains alimentent les logements via des chaufferies mutualisées. En 2021, 63 % de leur énergie provenait de sources renouvelables ou de récupération, une part que l’État souhaite porter à 80 % d’ici 2035.
Encore marginaux aujourd’hui (5 % des besoins nationaux), ces réseaux pourraient pourtant jouer un rôle clé dans les années à venir. Pour l’heure, la présence des réseaux de chaleur urbain est plus marqué dans le Nord et l'Est.
Quel chauffage écologique choisir selon son type de logement ?
Tout le monde ne part pas avec les mêmes cartes en main selon que l’on est propriétaire ou locataire, en maison individuelle ou en habitat collectif.
En maison individuelle : PAC, solaire thermique, bois performant sont à privilégier. En appartement en copropriété : réseau de chaleur, radiateurs électriques performants, optimisation des usages sont favorisés.Pour les locataires, les marges de manœuvre sont souvent réduites, et c’est justement là que les usages font la différence.
Slow heating : se chauffer autrement pour réduire consommation et pollution
Le slow heating propose de changer radicalement notre rapport à la chaleur. Popularisé notamment par l’architecte Denis De Grave, le concept invite à chauffer les corps plutôt que l’air ambiant. Dans la pratique, cela se traduit souvent par un pull en laine de plus… et un radiateur en moins.
Chaussons, plaids, vêtements en laine ou matières techniques, bouillottes, tapis… Ou couvertures chauffantes, des solutions qui ne consomment que quelques watts, contre 1 500 watts en moyenne pour un radiateur.
Le slow heating encourage aussi à adapter ses activités à la température, et non l’inverse : lire au soleil en journée plutôt que chauffer davantage le soir.
Dans un logement bien isolé, beaucoup de personnes peuvent vivre confortablement entre 14 et 18 °C, à condition de s’y habituer progressivement.
Petits gestes pour des économies de chauffage en hiver
Difficile de ne pas se chauffer du tout en hiver surtout si l’on est frileux. Pour autant, voici quelques conseils pour ne pas faire grimper la facture :
- Installer un thermostat programmable peut permettre jusqu’à 15 % d’économies.
- La nuit, fermer volets et rideaux limite fortement les pertes de chaleur.
- Et contrairement aux idées reçues, aérer 5 à 10 minutes par jour reste indispensable, même en plein hiver.
- Ne pas chauffer les pièces inutilisées,
- Penser à purger et entretenir radiateurs et chaudière
- Traquer les courants d’air à l’aide de boudins de porte ou de joints de fenêtres
Autant de gestes simples, mais efficaces.
Voir aussi : 10 écogestes qui vous permettent d’économiser de l’énergie à la maison
Il n’existe pas de solution miracle pour se chauffer sans réchauffer la planète. Mais une addition de choix techniques, de réglages fins et de petits renoncements peut déjà faire une grande différence.
Question de nos lecteurs
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Il existe plusieurs sources de chaleur sans coût énergétique direct :
- le soleil, via les fenêtres et l’orientation du logement ;
- l’inertie thermique des murs et des sols ;
- les apports internes : cuisine, électroménager, présence humaine.
Optimiser ces apports permet de réduire significativement le recours au chauffage.
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Oui c’est possible mais dans un logement bien isolé et en adoptant les principes du slow heating.
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Non. 19 °est une recommandation de l’ADEME, ce n’est pas une obligation légale. Cette température n’altère pas le confort thermique et permet de faire des économies d’énergie.
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Le chauffage solaire, suivi de la pompe à chaleur alimentée par une électricité peu carbonée sont les modes de chauffage les moins polluants.
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MaPrimeRénov’, le Coup de pouce chauffage ou encore l’Éco-prêt à taux zéro soutiennent l’installation d’une PAC, sous conditions de ressources et selon la nature du logement.