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Impact du festival : faut-il un Nutri-Score des événements ?

17 mai 2026 - Chaynèze Mahha - Temps de lecture : 3 min

plenitude, énergie, écologie, impact festival, outils pour mesurer l empreinte carbone d un festival

Selon l’ADEME, l’événementiel génère des flux intenses de transport, d’énergie et de ressources. Une empreinte massive, mais encore peu lisible. C’est dans ce flou que s’inscrit le Nutri-score des événements, avec une promesse : rendre visible l’impact des festivals.

Quel est l’impact environnemental d’un festival ? 

Le Nutri-Score a changé notre façon de faire les courses. L’éco-score s’installe peu à peu sur les étiquettes de nos vêtements. Qu’en est-il des festivals ?

Un festival, c’est quelques jours de musique. Mais son empreinte, elle, s’étale bien au-delà. Entre déplacements, logistique et consommation d’énergie, l’impact environnemental d’un festival se chiffre en tonnes de CO₂. Selon différentes études, un festival de 50 000 spectateurs en France représenterait près de 1 000 tonnes de CO₂, soit l'équivalent de 400 allers-retours Paris/New-York. Un festival comme les Vieilles Charrues qui rassemble 280 000 personnes sur quatre jours chaque année représente potentiellement 14 000 tonnes équivalent CO₂. Ce n’est « rien » comparé à Coachella qui ameute 125 000 spectateurs et 107 tonnes de déchet chaque jour et conduit à plus d'un million de gaz à effet de serre sur tout l'événement.

Selon l’Ademe, en moyenne, une manifestation qui rassemble 1 000 personnes consomme :

  • 100 kg de papier, soit deux arbres, 30 000 litres d’eau
  • 200 KWh d’énergie, soient 3 ans d’éclairage avec une ampoule économique (15 w)
  • 500 kg de déchets soit environ la production d’un français en un an.

Transport et empreinte carbone

Le transport constitue le premier poste d’émissions. 79 % de l’impact carbone est dû au transport des personnes et à la logistique. Public, artistes, équipes techniques, fournisseurs. Tout le monde se déplace, souvent en voiture ou en avion. Près de 50 % des émissions sont liées au transport des festivaliers. 29.5 % au transport des œuvres, des équipes artistiques et du transport logistique. 19.9 % à l’alimentation et aux boissons et enfin 0.9 % des impacts relèvent du merchandising, de l’électricité et des déchets. Ce que les experts appellent le scope 3 bilan carbone concentre ainsi l’essentiel des gaz à effet de serre issu d’un festival. C’est aussi le plus difficile à maîtriser. Un festival en zone rurale, mal desservi, voit mécaniquement son empreinte grimper. À l’inverse, un événement urbain connecté aux transports en commun limite cet impact.

Déchets, énergie et consommation de ressources

Derrière la scène, une autre réalité se dessine. Groupes électrogènes, éclairages, écrans géants. La consommation énergétique explose. À cela s’ajoutent les déchets : gobelets, restes alimentaires, matériaux temporaires. Un festival de taille moyenne peut produire plusieurs dizaines de tonnes de déchets en quelques jours. Une ville éphémère surgit, puis disparaît. Comme une marée qui laisse derrière elle une trace difficile à effacer. En moyenne, une manifestation qui rassemble 1 000 personnes produit 500 kg de déchets soit 1,5 fois la production d’un habitant sur une année. Cependant, les organisateurs sont de plus en plus conscients du problème. Ainsi, la part de festivals actifs dans le domaine du tri des déchets est passé de 13 % en 2020 à près de 80 % trois ans plus tard.

Comment mesurer l’impact environnemental d’un festival ?

Face à ces constats, une question s’impose : comment calculer l’impact environnemental d’un festival. Longtemps, les organisateurs ont navigué à vue. Aujourd’hui, certaines méthodes émergent.

Les outils actuels

C’est dans ce paysage que s’inscrit le Fairly score. Inspiré du Nutri-Score, il vise à faciliter la transition durable de la production et de la consommation culturelle. Il permet aux salles de concerts, aux producteurs de tournées ou encore aux organisateurs de festivals de récolter, traiter et convertir leurs données à caractère RSE en un tableau de bord d’indices d’impact. Les résultats sont synthétisés en trois impacts clés : les émissions de CO₂ (l’empreinte carbone), l'impact environnemental et l'impact éco-social, afin de les communiquer auprès des publics et des parties prenantes de structures de production.

Réduire l’impact environnemental des festivals : quelles pistes concrètes ?

Mesurer ne suffit pas. Encore faut-il agir. Et les marges de progression restent importantes pour réduire l’impact carbone d’un festival.

Découvrez notre article sur le festival écologique : quand la fête pense à demain.

Agir sur les principaux postes d’émissions

Le transport reste la priorité. Inciter au covoiturage, renforcer les navettes, choisir des sites accessibles. Chaque levier compte. Côté énergie, les alternatives se développent. Groupes électrogènes hybrides, raccordement au réseau, énergies renouvelables. Sur les déchets, la consigne et le réemploi progressent. Certaines initiatives vont plus loin. Billetterie responsable, limitation des jauges, circuits courts pour la restauration. Une transformation progressive, mais encore inégale selon les événements.

Questions de nos lecteurs

Les festivals génèrent des émissions importantes de CO₂, principalement liées au transport du public et à la logistique. L’impact d’un festival peut atteindre plusieurs milliers de tonnes de CO₂.

De nombreux événements mettent en place des actions : réduction des déchets, énergies renouvelables, transports collectifs, restauration locale.

Certains outils émergent comme Fairly Score, le premier indicateur Eco-Social dédié aux lieux et événements culturels.

Elle varie fortement selon la taille et la localisation. Le transport du public représente près de 80 % des émissions.

Pour aller plus loin