Ocean Census : à la conquête de 100 000 nouvelles espèces marines en 10 ans
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09 avril 2026
- Tom Leray - Temps de lecture : 3 min

Lancé en 2023 par The Nippon Foundation et la fondation Nekton, le projet Ocean Census vise à identifier 100 000 nouvelles espèces marines en dix ans, en s’appuyant sur un réseau mondial d’expéditions, de laboratoires et de plateformes de données ouvertes.
Quelques chiffres
Un objectif ambitieux pour révéler la biodiversité cachée des océans
Les scientifiques estiment qu’à peine 10 % des espèces marines ont été décrites, alors que les océans abritent potentiellement plusieurs millions d’espèces, et cela va des microbes aux grands invertébrés. Ocean Census veut combler ce déficit de connaissances en ciblant des zones encore peu explorées comme les monts sous-marins, les sources hydrothermales ou les suintements froids. L’ambition est aussi temporelle : en distinguant « espèces découvertes » (potentiellement nouvelles) et « espèces décrites » (formellement nommées), le programme raccourcit drastiquement les délais entre l’observation et la mise à disposition des savoirs.
Pourquoi découvrir de nouvelles espèces est crucial pour la science et le climat ?
Mieux connaître la biodiversité marine permet de comprendre le fonctionnement des écosystèmes qui régulent le climat, en particulier les rôles du plancton, des coraux profonds ou des communautés des grands fonds dans le cycle du carbone et la production d’oxygène. Les données d’Ocean Census doivent alimenter la planification spatiale en mer en identifiant les zones à forte valeur écologique et les espèces vulnérables.
Pour aller plus loin, découvrez notre article sur l’initiative de Plastic Odyssey : dépollution des îles Pitcairn.
Les technologies et expéditions qui vont accélérer les découvertes marines
Ocean Census s’appuie sur des campagnes en mer menées sur des navires de recherche équipés de robots, véhicules téléopérés et submersibles capables d’échantillonner jusqu’aux abysses. Le programme mise également sur la cybertaxonomie, celle-ci vise à identifier et classer les espèces de manière plus précise en combinant le séquençage ADN, l’imagerie 3D ou encore l’apprentissage automatique.
En fournissant rapidement des données sur « qui vit où » dans l’océan, Ocean Census ambitionne de renforcer la protection des écosystèmes marins et d’éclairer les politiques climatiques.
Questions de nos lecteurs
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Seulement 27,3 % du fond marin mondial ont été cartographiés avec une haute résolution au 30 juin 2025, selon la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration).
L'exploration visuelle ne concerne que moins de 0,001 % du fond océanique profond (supérieur à 200 mètres). -
En 2025, Ocean Census a confirmé 866 nouvelles espèces marines dont un requin guitare, un pipehorse pygmée de 4 centimètres, une éponge carnivore « death ball », des limpettes abyssales et 38 espèces aux monts Shichiyo au Japon.
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La NASA (National Aeronautics and Space Administration) n'a jamais eu pour mission principale l'exploration physique des océans. Elle se concentre depuis 1958 sur l'espace et contribue à l’exploration océanique via ses satellites (Seasat, Jason entre autres) mais délègue à la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration).