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Quelle fiscalité pour une voiture hybride en entreprise ?

04 novembre 2026 - Tom Leray - Temps de lecture : 4 min

Plenitude, énergie, fiscalité voiture hybride entreprise

L'intégration d'une voiture hybride au sein d'une flotte professionnelle offre des opportunités d'optimisation fiscale, sous réserve de maîtriser les barèmes d'amortissement et le régime des taxes annuelles d'affectation.

  • En résumé

    • La fiscalité d’une voiture hybride en entreprise dépend principalement de ses émissions de CO₂, de son type de motorisation et de sa catégorie Crit’Air.

    • L'intégration de véhicules hybrides en entreprise réduit l'impôt sur les bénéfices via des plafonds d'amortissement rehaussés (jusqu'à 20 300 €).

    • La batterie de recharge peut être amortie hors plafond du véhicule à condition d’être facturée séparément.

Quels sont les avantages fiscaux d’une voiture hybride en entreprise ?

S’équiper de véhicules à faibles émissions permet aux entreprises de réduire l'empreinte carbone de leurs flottes tout en bénéficiant de mécanismes d'allègement fiscal.

Une voiture hybride est-elle fiscalement avantageuse ?

L'acquisition ou la location d'un véhicule hybride ouvre droit à des dispositifs fiscaux plus favorables par rapport à ceux appliqués aux modèles 100 % thermiques. L'avantage fiscal d’une voiture hybride de société se traduit concrètement par une capacité d'amortissement relevée pour les modèles les moins polluants. À la clé, une réduction de l'assiette de l'impôt sur les sociétés (IS) ou de l'impôt sur le revenu (IR).

Quels avantages fiscaux selon le type d’hybride ?

Le niveau d'incitation fiscale diffère en fonction de la technologie. Les véhicules hybrides non rechargeables (full hybrid ou HEV, mild hybrid ou MHEV) associent un moteur thermique à une assistance électrique légère, sans prise de recharge externe. Ils récupèrent l’énergie électrique lors des phases de décélération et de freinage (freinage régénératif). Leurs émissions réduites par rapport au 100 % thermique donnent accès à un plafond d’amortissement supérieur. Les véhicules hybrides rechargeables (PHEV), dotés d'une batterie de plus grande capacité rechargeable sur borne, disposent d’une autonomie électrique plus importante. Fiscalement, ils bénéficient du traitement le plus avantageux, avec un plafond d'amortissement préférentiel.

Pour aller plus loin, découvrez notre article Choisir une voiture hybride : avantages et inconvénients.

Quelle déductibilité fiscale pour une voiture hybride ?

La déductibilité fiscale désigne la capacité, pour l’entreprise, de déduire le coût du véhicule et ses frais annexes des résultats imposables.

Objectif : réduire le bénéfice soumis à l'impôt. La règle s’applique à l’achat comme aux formules locatives.

Quels sont les plafonds d’amortissement applicables ?

L’amortissement comptable est calculé sur la durée normale d’utilisation du véhicule. La déduction fiscale est toutefois limitée par l’article 39 du Code général des impôts (CGI).

Pour les véhicules acquis ou loués, l'administration fiscale applique les plafonds de déductibilité suivants :

  • 30 000 € pour les véhicules émettant moins de 20 g de CO2/km (catégorie réservée quasi exclusivement aux véhicules 100 % électriques),
  • 20 300 € pour les véhicules émettant entre 20 et 49 g de CO2/km (cette tranche englobe une large majorité de véhicules hybrides rechargeables performants),
  • 18 300 € pour les véhicules émettant entre 50 et 159 g de CO2/km (catégorie dans laquelle se situent la plupart des hybrides non rechargeables et certains hybrides rechargeables plus lourds),
  • 9 900 € pour les véhicules les plus polluants émettant plus de 160 g de CO2/km.

Ces seuils sont appréciés au regard du taux d’émissions de CO₂ du véhicule, mais aussi de sa nature, de sa date d’acquisition et de première mise en circulation.

Lorsque le prix d'achat TTC du véhicule excède le plafond applicable, la fraction excédentaire doit faire l’objet d’une réintégration fiscale dans le résultat imposable.

Quelles dépenses sont fiscalement déductibles ?

Outre l'amortissement de la structure même du véhicule, divers frais d'exploitation peuvent être déduits, sous certaines conditions, du résultat imposable.

Par exemple :

  • la batterie de recharge lorsqu'elle fait l'objet d'une facturation séparée ou d'une mention distincte permettant de l’identifier sur la facture d'achat du véhicule,
  • les frais d’électricité liés à la recharge, lorsqu’ils sont engagés pour l’activité professionnelle,
  • les frais de carburant – la déductibilité de la TVA s'applique à hauteur de 80 ou 100 % selon le type d'énergie (essence, diesel, superéthanol E85) et le type de véhicule,
  • les dépenses d’entretien et de réparation,
  • les primes d’assurance,
  • les loyers versés dans le cadre d’une location,
  • les intérêts liés au financement du véhicule.

Achat, LLD ou LOA : quel impact sur la déductibilité ?

En cas d’acquisition, le véhicule est inscrit à l’actif du bilan. L’entreprise déduit alors chaque année une fraction de son prix d’achat, dans la limite du plafond d’amortissement autorisé. En location longue durée (LLD), les loyers versés sont déductibles du résultat imposable. L’entreprise les comptabilise comme des charges, toujours dans la limite du plafond. La location avec option d’achat (LOA) obéit à une logique identique pendant toute la durée du contrat. Au terme de ce dernier, si l’entreprise lève l’option d’achat, elle devient propriétaire du véhicule. Le bien entre alors à l'actif du bilan pour son prix de rachat : il fait l'objet d'un nouvel amortissement comptable déductible, compte tenu du montant déjà déduit au titre des loyers pendant la période de location.

Quelles taxes s’appliquent aux voitures hybrides en entreprise ?

Le régime fiscal des flottes d'entreprise repose sur un ensemble de contributions obligatoires. Elles évoluent annuellement pour encourager la transition écologique.

Les voitures hybrides sont-elles exonérées de TVS ?

La taxe sur les véhicules de société (TVS) a été remplacée par deux taxes distinctes, désignées sous le nom de taxes sur l'affectation des véhicules à des fins économiques :

  • la taxe annuelle sur les émissions de dioxyde de carbone,
  • la taxe annuelle sur les émissions de polluants atmosphériques, encore appelée taxe sur l’ancienneté des véhicules.

Seules les entreprises individuelles en sont exonérées.

Depuis la réforme de la TVS au 1er janvier 2025, les véhicules hybrides ne bénéficient plus d'une exonération totale et permanente de la taxe annuelle sur les émissions de CO₂. Désormais, l'exonération dépend strictement du niveau d'émissions et de la technologie du moteur.

Quels critères influencent la taxation ?

Le calcul des taxes sur l'affectation des véhicules à des fins économiques repose sur des critères précis :

  • quantité d'émissions de CO2 ou puissance fiscale du véhicule, selon les situations,
  • catégorie du véhicule : E (électricité et hydrogène), 1 (gaz, hybride et essence Euro 5 et 6), véhicules les plus polluants – ces trois catégories correspondent à celles des vignettes Crit’Air.
  • Bon à savoir : exonération totale pour les véhicules classés E

    La catégorie E, associée à la vignette Crit’Air verte, concerne les véhicules dont la source d’énergie est l’électricité, l’hydrogène, ou une combinaison des deux. Ces véhicules sont exonérés des taxes sur l'affectation des véhicules à des fins économiques.

Dans quel cas la fiscalité d’une voiture hybride est-elle moins avantageuse ?

Les véhicules hybrides ne profitent pas toujours des exonérations maximales offertes par la réglementation.

Quelles sont les limites fiscales des voitures hybrides ?

La principale contrainte limitant l'intérêt fiscal des véhicules hybrides reste leur assujettissement à la taxe sur la masse en ordre de marche (malus poids). Elle concerne les véhicules hybrides non rechargeables et rechargeables (en plus des véhicules thermiques) neufs ou d’occasion immatriculés pour la première fois en France. Son seuil de déclenchement est de 1,5 tonne.

Quelle différence fiscale avec un véhicule électrique ?

Au contraire des véhicules hybrides, les véhicules électriques bénéficient d’une exonération de la taxe annuelle sur l’ancienneté des véhicules. Concernant la taxe régionale sur les certificats d'immatriculation, l’exonération est automatique (soumise à décision du conseil régional et sous conditions de motorisation pour les véhicules hybrides). Il en est de même pour la taxe annuelle sur les émissions de CO2 (sous conditions de motorisation pour les véhicules hybrides – seuil de déclenchement : 108 gCO2/km). Les véhicules électriques profitent aussi de conditions plus favorables concernant l'abattement de l’avantage en nature.

Comment choisir une voiture hybride optimisée fiscalement ?

Pour maximiser l'efficacité financière de l'intégration d'un hybride au sein de leur parc, les gestionnaires de flotte gagnent à :

  • viser un seuil inférieur à 50 g de CO2/km pour garantir l'accès au plafond d'amortissement maximal (20 300 €),
  • isoler le prix de la batterie afin d'amortir cette composante hors plafond du véhicule,
  • étudier la fiscalité d’une voiture de société hybride sous l'angle du type de carburant (écarter les motorisations hybrides diesel, exclues de toute exonération).

La fiscalité appliquée aux voitures hybrides en entreprise exige une évaluation rigoureuse de la technologie retenue et des niveaux d'émissions enregistrés. Alors que les réglementations environnementales durcissent progressivement les critères d'exonération, les entreprises doivent arbitrer entre la souplesse d'utilisation de l'hybride rechargeable et l'efficience fiscale maximale garantie par le véhicule 100 % électrique.

 

Sources

Ministère de l'Économie - Entreprises : ce qu'il faut savoir sur les taxes sur l'affectation des véhicules

BOFiP-Impôts - Amortissements des véhicules de tourisme : règles fiscales applicables

Ministère de la Transition écologique - Fiscalité environnementale relative aux véhicules

impots.gouv.fr - Que puis-je déduire de mes résultats professionnels ?

Entreprendre.Service-Public.fr - Véhicule professionnel : règles fiscales et sociales

BOFiP-Impôts - Traitement fiscal des véhicules : précisions sur les règles applicables

Entreprendre.Service-Public.fr - Taxes sur l'affectation des véhicules à des fins économiques : barème et modalités d'imposition

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Questions de nos lecteurs

  • Les entreprises doivent s'acquitter de deux taxes annuelles : la taxe sur les émissions de dioxyde de carbone et la taxe sur les émissions de polluants atmosphériques.

  • Selon le bulletin officiel des finances publiques, la batterie d'un véhicule hybride inscrite distinctement à l’actif de l’entreprise n’est pas prise en compte pour l’application du plafond d’amortissement.

Pour aller plus loin